Effondrement écologique : enfin une bonne une nouvelle !

anthropognosie

Une nouvelle espèce prospère. Une espèce de NARD. Attention pas de méprise, je parle des Nouveaux Acteurs du Renoncement Durable. Il faut Renoncer aux futurs non-souhaitables.

Derrière les NARD il y a 2 enseignants-chercheurs : Alexandre Monnin et Diego Landivar. Leur message est radical. Pour eux, l’heure n’est plus au développement durable : nous en sommes à la fermeture du monde et à l’arrêt de l’avenir. Ils aident les organisations à planifier leur fin, leur extinction ou dans le meilleur des cas leur destauration, pour les ré-affecter comme Michelin se tournant vers l’après-pneus.

Monnier et Bolivar en plus d’interpeller, forment dans leur Master Stratégie et Design pour l’anthropocène des redirectionnistes. Leurs rôles sera d’assister les organisations et les entreprises dans leur propre démantèlement. Une sorte d’autophagie à grande échelle.

Et si en effet l’impasse climatique et écologique dans laquelle l’humanité s’est fourrée engendre de nouveaux paradigmes permettant de prendre conscience de la nécessité de fermer les communs négatifs (déchets nucléaires, puits de pétrole et de gaz issus de la fracturation désaffectés…), il manque chez les NARD une dimension pour susciter massivement une transformation aussi radicale.

Si malgré la connaissance intellectuelle que nous avons de ce qui se joue sur notre planète rien ne bouge, c’est qu’il y a une composante tabou de l’humanité qui n’est pas prise en compte. Interpeller sur le plan de l’intellect provoque une sidération. Face à une sidération, l’humain réagit par la fuite ou la lutte. Ne voyant comment lutter, il s’enfuit dans le déni. Et continue comme avant. C’est parce qu’il manque une dimension fondamentale dans le message des chercheurs.

Ils n’ont pas prise en compte la dimension anthropognosique.

Le cynisme de leur message s’explique. Lorsque l’on est enfermé dans son cerveau, et que l’on est confronté à ses limites et sa fin, c’est un mécanisme normal de protection. Et personne n’achète ce genre de message, sauf d’autres cyniques. Et un monde de cyniques crée un monde de “Après moi, le déluge”.

L’anthropognosie* elle, prône la connaissance de l’ensemble des dimension de l’humain. Morcelé depuis Descartes, l’homme se garde bien de regarder plus bas que son cerveau. Pourtant ce n’est pas loin. Il n’y a que 20cm à franchir pour passer de la tête au cœur. Et ce n’est pas métaphorique. C’est documenté, notamment par le vulgarisateur Gregg Bradden. L’intelligence du cœur permet de fonctionner d’un autre endroit que la tête. En dirigeant sa conscience sur la zone du cœur, il est possible de piloter sa vie d’une autre manière, complémentaire à la démarche purement analytique. En étant dans le présence du cœur, nous ne pouvons frapper, nous ne pouvons violenter la nature. Nous sommes appaisés et lucides, animés d’une tranquille détermination.

On se heurte à bien des résistances en tentant de propager la connaissance de nos mécaniques intérieures. C’est à ce point tabou que les mots bonheur et joie en entreprise sont aussi interdits que le mot corde sur une scène de théâtre.

Pourtant cela est sur le point de changer, avec l’émergence d’encore une autre espèce, les NABON. Les Nouveaux Acteurs du BOnheur Nécessaire. On commence à en voir des émanations certes un peu naïves à travers les postes de Chief Happiness Officer (CHO). Le CHO aurait pour objectif de favoriser le bien-être au travail pour augmenter la productivité et la performance. Pour l’instant, l’objectif n’est pas le bon, mais c’est un premier pas…

Étudier l’anthropognosie c’est admettre que l’on connaît bien peu sur nos mécanismes profonds. Nous ne sommes pas qu’un cerveau, nous avons une dimension émotionnelle, une intelligence du cœur, une dimension énergétique. Et si je n’avais pas peur de me faire lyncher, je dirais même que nous avons une âme. C’est aussi se rendre compte du pouvoir créateur de la pensée. C’est encore se rappeler de notre filiation avec la nature. L’anthropognosie c’est la version occidentale et contemporaine des antiques sagesses orientales.

Pour susciter un intérêt plus grand, et arrêter d’y aller à reculons, les redirectionnistes devront s’adresser à l’ensemble des dimensions de l’homme.

Pour faire devenir mainstream le changement, il faut aussi emmener les peuples vers une promesse d’espoir. Même s’ils s’en défendent Monnin et Bolivar ressemblent à des luddistes. Parlons de néofuturation plutôt que de défuturation. Comme l’évoque Philippe Guillemant, nos futurs collectifs sont la somme de nos futurs individuels. Le futur sera ce que nous déciderons d’en faire.

Parlons d’intronivation plutôt que de disnovation. Plus nous en apprendrons sur nous, en incluant l’ensemble de nos dimensions anthropognosiques plus nous repousserons l’appétence pour des futurs transhutopiques. Continuons à innover dans la connaissance de nos mécanismes et de nos ingénieries intérieurs, mais cette fois, portons nos regards vers l’intérieur.

Donc oui nous héritons de pestes, mais oui nous pouvons transformer l’humanité en un projet porteur de promesses de joie et de bonheur pour nos enfants.

Alors ils nous écouteront, alors ils participeront.

Apprenons à devenir qui nous sommes.

Que les NARD et les NABON s’unissent et engendrent les NARBON 😉

Philippe Eveilleau ◾️

Manifeste pour une vie choisie

*discipline que je propose de créer…

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